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Etre opéré à l'étranger, c'est possible ? OUI !!!!!!! |
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Etre transsexuel est, soyons honnête, synonyme d'opération. Une opération est elle-même synonyme de chirurgiens, de techniques, d'expériences et d'argent. La Sécurité Sociale française et la Communauté Européenne nous offre la possibilité de pouvoir choisir un chirurgien expérimenté et compétent dans les opérations spécifiques aux FTM tel que la phalloplastie (construction d'un néo-pénis à partir d'une auto-greffe de la peau de l'avant-bras ou de la cuisse) dans toute l'Union Européenne élargie. Les chirurgiens vraiment réputés pour leurs techniques et leurs maitrises de cette opération sont en Belgique et en Suisse. Je ne conseillerais jamais assez de bien prendre le temps de comparer les résultats (autant esthétiques que fonctionnels) et les statistiques de complications entre ces 2 pays et la France...
La phalloplastie est une opération lourde et technique, le choix du chirurgiens est vraiment primordial pour la suite de votre vie. Elle est aussi malheureusement très onéreuse. Nous avons la chance que notre Sécurité Sociale nous offre une possibilité de prendre en charges une très large partie de cette opération même à l'étranger, il faut donc la saisir. Cette possibilité s'appelle le formulaire E112 . Pour tout savoir sur ce fameux formulaire et la façon de le demander, suivez le guide c'est par là : Tout sur le E112 et le remboursement d'opération dans la CEE .
Cet article n'est pas la seule nouveauté de ce moi d'Avril, un nouveau témoignage d'une compagne de FTM est en ligne et à lire de toute urgence dans " Nos Amours " . Pour finir, l'article sur l'état-civil a été mis à jour avec plus d'information sur la modification du livret de famille. Bonne lecture à tous.
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Dernière mise à jour : ( 30-12-2007 )
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Risques et suivi |
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Un traitement de substitution hormonale ou THS n’est pas une chose à prendre à la légère. En plus des modifications visibles sur votre physique (cf. effets de la testo ), il s’agit d’un véritablement bouleversement de votre équilibre physiologique. Les hormones servent à la régulation du fonctionnement de beaucoup d’organes internes. On peut les assimiler à des « stimulateurs d’organes ». De ce fait, un traitement hormonal n’est pas sans conséquence et peut parfois provoquer certaines complications. C’est pourquoi, il est absolument nécessaire d’avoir un suivi régulier (en moyenne 2 fois par an) sous la forme d’un bilan sanguin et d’un entretient avec un endocrinologue. Les feuilles de soins et de résultats d’analyses sont souvent obscures et remplies de divers hiéroglyphes. Je vais essayer ici de vous éclairer du mieux possible sur la signification des initiales des différents tests et, surtout sur la raison de leurs prescriptions dans le cadre de prévention des risques liés à un traitement hormonal de substitution dans un cadre de transsexualité femme-vers-homme. - Les contrôles pré-traitement hormonal
- Quels sont les risques possibles liés à la THS ?
- Les contrôles annexes
- Electrocardiogramme, tension artérielle
- Contrôle des risques diabétiques
- Comment surveiller sa santé et prévenir les risques au maximum ?
- Questions / réponses
- Conclusion
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Dernière mise à jour : ( 27-06-2008 )
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Témoignage de Marie |
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1. Avant de trans'paraitre Depuis l’enfance, j’ai la sensation que mon enfant est différent ; il ne savait à peine parler qu’il m’implorait de ne pas le « déguiser en fille », et chaque soir il faisait des prières en espérant qu’une fée le transforme pendant la nuit en garçon. Et puis ses maîtresses me disaient qu’il était toujours seul dans la cour car il ne voulait pas jouer aux jeux de filles et les garçons ne l’acceptaient pas… J’ai maintes fois essayé de lui démontrer les avantages d’être une fille (on peut s’habiller en garçon, jouer à leurs jeux…) En fait, je pensais qu’il était un garçon manqué, (je crois qu’inconsciemment je me raccrochais à ça) et un psy, à l’époque, m’avait confirmé qu’il n’y avait aucun problème. A l’adolescence, il s’est complètement replié sur lui-même… 2. Le coming-out : la révélation du transsexualisme Le coming out s’est fait grâce à une émission de télévision que mon fils m’a conseillée de regarder. Cette dernière m’a beaucoup secouée car j’entendais exactement les mêmes termes que ceux de mon enfant petit. Au début, j’ai pensé qu’il se trompait peut-être, je crois que je ne voulais pas admettre cette fatalité. 3. Peurs et questionnement J’ai cherché à me renseigner sur Internet et puis une autre émission est passée, nous avons alors pris contact avec une association ; je crois que c’est ce jour là que j’ai compris qu’il n’y avait plus de doute et que sa renaissance passerait par des mutilations... Après une pénible période de honte, (je l’avoue, surtout vis-à-vis des voisins, de l’entourage) de culpabilisation, de tristesse, j’ai eu un déclic en lisant son blog et j’ai enfin pris conscience et mesuré de l’intensité de sa souffrance ; de ce jour là, je me suis dit que ça ne servait à rien de pleurer sur son sort, qu’il fallait l’aider, et depuis, nous ne faisons qu’un. Je me tiens au courant de tout, je milite à ma façon pour faire connaître et reconnaître cette erreur de la nature. Je ne supporte plus d’entendre « c’est son choix »… 4. Que réserve l'avenir ? L’avenir me fait un peu peur, les opérations déjà pour les souffrances physiques qu’il va endurer, mais je sais que c’est grâce à elles qu’il pourra enfin vivre, et non pas survivre emprisonné dans un corps étranger comme en ce moment. Pour le reste, je préfère comme je lui conseille, envisager les choses au fur et à mesure, car le plus important après les opérations, c’est le changement d’état civil. Bien sûr, il n’aura jamais d’enfant biologique, mais il a déjà tellement de temps à rattraper, de bonheur à vivre, j’espère qu’il réussira à combler ce manque. 5. Une nouvelle façon de le reconnaître Son nouveau prénom n’a pas été facile à accepter car pour cela il fallait d’abord que je fasse le deuil de la petite fille qu’il a remplacé, d’ailleurs je n’ai pas pu le choisir moi-même ça m’était impossible sans pouvoir l’expliquer. Néanmoins, ce qui m’a beaucoup aidé à déculpabiliser (cette impression d’avoir raté ou d’être passé à côté de quelque chose) c’est que même si à ce jour il n’y a pas d’explications scientifiques avérées sur le transsexualisme, à ma connaissance, quelques hypothèses sont avancées comme celle d’un « bug hormonal » pendant la grossesse, ect….. en fait, je me suis raccrochée à toute information qui confirmerait que ce n’est pas un choix, ni une déviance comme certains le laissent entendre mais plutôt un facteur extérieur et ça aide beaucoup pour pour l’accepter et l’expliquer notamment à l’entourage !!!!
Aujourd’hui, j’arrive et, j’en suis fière, à lui parler au masculin quasiment tout le temps et s’il m’arrive de me tromper, il me reprend en sachant que ce n’est pas volontaire.
6. Gérer l'image publique Maintenant que j’ai fait mon chemin et que j’ai accepté la situation (ça m’a quand même pris environ un an…) j’en parle autour de moi, au départ, qu’aux personnes proches famille et amis seulement en leur expliquant ce qu’il en est. Alors les réactions sont diverses : certains ne sont pas étonnés, d’autres sont perplexes et enfin il y a ceux qui nous assurent de leur soutien ; dans l’ensemble j’ai plutôt été positivement surprise, même s’il y en a quand même pour ricaner dans notre dos…. le jugement des autres m’importe peu désormais ce qui compte le plus à mes yeux c’est le bonheur bien mérité de mon fils et donc je suis un rempart et comme le chante si bien Florent Pagny, « nous avons construit un mur anti cons » autour de nous !!!! A l’inverse, j’ai un total respect pour ceux qui cherchent à comprendre et, dans ce cas, je me mets à leur disposition pour les renseigner si je le peux que ce soit autour de nous, dans les blogs…..si cela peut aider d’autres mamans… 7. L'évolution
En résumé, j’ai l’impression quand même d’avoir perdu la petite fille que j’ai mise au monde mais c’était une petite fille triste, mal dans sa peau……et d’avoir découvert un fils délivré de son mal être, plus gai ; nous étions déjà très proches mais je crois que tout cela a encore renforcé notre complicité. Avec le recul, je crois que je n’aurais pas changé grand-chose car avant de pouvoir accepter le transsexualisme de son enfant, il y a un passage obligé, un cheminement personnel à faire car on ne peut pas du jour au lendemain accepter d’avoir un fils alors que 16 ans plus tôt on a accouché d’un enfant que l’on pensait être une fille….. Pour conclure
Et pour terminer je souhaite tout le bonheur du monde à mon fils et aux autres trans car ils n’ont pas choisi cet enfermement dans ce corps qui leur est étranger, cette souffrance pendant toute leur enfance puis ces souffrances physiques à venir que j’appelle mutilations pour enfin accéder à ce qu’ils sont vraiment, ils ont tant de temps de perdu……ils méritent encore plus que les autres d’être respectés enfin…c’est pour cette raison aussi que je lutte dès que je le peux contre l’intolérance de certains qui jugent sans même essayer de comprendre. Témoignage* de Marie (2007), maman d'un FTM de 16ans. * Ce témoignage est la propriété exclusive de son auteur. Toute reproduction, modification, publication même partielle est strictement interdite sans l’autorisation directe de son auteur. Tout contrevenant s’expose à des sanctions. |
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Dernière mise à jour : ( 16-01-2008 )
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Proches et familles |
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Tout comme la partie "nos amours", cette section est là pour donner la parole à ceux qui entourent des ftm. Chacun à ses peurs et ses angoisses face à la transition, et dans ses difficultés, les proches ne sont pas à oublier. Alors, que vous le viviez bien ou mal, que vous soyez le parents, le frère ou la sœur, la tante ou même un simple ami d'un FTM, vous pouvez vous exprimer ici.
Pour cela, nous avons décider d'articuler chaque témoignage autour de 7 thèmes... |
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Dernière mise à jour : ( 16-01-2008 )
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Témoignage de Carmelle |
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Etre la compagne d'un transsexuel, si ce n'est pas catastrophique, est néanmoins hors du commun. Cette situation atypique engendre forcément des interrogations et impose une façon légèrement différente de gérer son couple. Parce que se sont des questions que l'on me pose très souvent, il me paraissait important de faire un rapide récapitulatif de ce que j'ai pu ressentir en tant que compagne de FTM. Si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas à les posez afin qu'elles soient ajoutées à mon témoignage.
1. Quand la personne que l'on aime apparait comme transsexuel.
Comme dans la plupart des cas, je n'ai pas eu connaissance dès le départ de la transsexualité de mon petit-ami. Lorsque c'est devenu plus sérieux, il m'a appris et expliqué son « problème ». On ne peut pas dire que je sois tombée des nues, je me doutais bien qu'il y avait quelque chose d'important qu'il me cachait. Ma première réaction n'a pas été un rejet, bien au contraire. J'ai été ébranlé et touché par ses confessions, et même si je n'ai pas tout compris, instinctivement je n'ai pas eu de doute sur son identité et j'ai voulu le protéger. La confiance dont il me faisait preuve en avouant qui il était, effaçait tous les mensonges précédant.
Cependant, et ce rapidement, avec le recul une sorte de panique s'est envahie de moi. Pendant quelques jours, dans de bref moments je me sentais perdu, sans savoir si je connaissais bien la personne que j'avais en face ou si c'était moi qui me montait la tête avec des questionnement stupides. Je crois que ce passage est obligatoire. Pour moi il a été très court, mais il m'a fallu tout de même prendre le recul nécessaire pour m'apercevoir que c'était toujours le même homme.
De mon point de vu, ne pas dire immédiatement son transsexualisme me semble nécessaire pour ne pas faire fuir la personne en face. De plus, on ne demande pas le CV de chaque individus que l'on croise. Toutefois, même si je considère les hommes FTM exactement de la même façon que les hommes bio, je me sentirais trahie si on me cachait son transsexualisme alors que la relation devient sérieuse. Je trouve que c'est cacher une partie de soi-même, car qu'on le veuille ou non, être transsexuel n'est pas un détail.
2. Blesser sans le vouloir.
L'une des plus grande peur que j'ai eu dès que j'ai su le transsexualisme de mon compagnon, c'est de commettre une bourde qu'il le mettrait mal à l'aise. J'avais des tonnes de questions à poser pour bien comprendre la problématique, mais en face, j'avais quelqu'un qui faisait tout pour l'éviter. Bien sûr, j'ai évité de poser des questions inutiles comme demander le prénom de naissance, je trouvais que c'était une preuve de confiance que lui seul pouvait m'accorder au moment voulu. Bref, les premières semaines ont été compliqués, et tourner sa langue sept fois avant de parler à prit un sens pour moi.
Je pense que le seul remède pour ne plus avoir peur de faire ou dire une bêtise, est de ne surtout pas rendre le transsexualisme plus tabou qu'il ne le mérite. Parler, discuter et échanger permet d'apprivoiser la situation et de la démystifier, du moins ça à été le cas pour nous. Faire comme si de rien n'était n'est pas une solution non plus, être transsexuel n'est pas la fin du monde, alors il ne faut pas agir comme si c'était la cas et entretenir un cercle vicieux.
3. Se mettre à nu.
Encore un point délicat lorsqu'on est avec un transsexuel : La sexualité. J'ai vécu les choses de deux façons très différentes. En premier, j'ai vécu avec mon copain une sexualité basé sur les interdits. Interdictions de le toucher et de le voir nu évidemment, mais ce n'était pas là l'essentiel. Le sexe était tabou, réduit au plus strict minimum. Même si à ce moment là, je m'étais convaincue que cette situation me contentait, il n'en était rien en réalité. Nos rapports se limitaient à des simulacres froids et sans intérêts. L'excuse était que la faute en revenait à son corps, qu'il fallait être patient pour pouvoir vivre un sexualité « normal ». Je vois le sexe comme un partage fort entre deux êtres, mais le corps transsexuel à ses limites. Avec ou sans phalloplastie/méta, on ne pourra jamais avoir des rapport sexuels classiques. Je pense qu'il y a un deuil à faire pour les FTM, comme pour leurs compagnes/compagnons. Il y aura toujours des différences physiques comparé aux hommes de naissances, il n'y aura jamais d'éjaculation etc. S'en rendre compte fais mal sur le moment, mais une fois le deuil effectué, je crois qu'on peut repartir sur des bases saines et apprécier ce que l'on peut faire. On peut avoir une sexualité épanouie lorsqu'on vit avec un transsexuel, il suffit d'apprivoiser l'animal et d'en jouer  . Je suppose que tout le monde n'est pas capable de faire abstraction de certains traits physiques qui les bloquent totalement dans leurs rapports avec les autres, mais ce que j'ai pu observer, c'est que le temps et l'hormonothérapie fais bien évoluer les choses. On passe donc à la seconde façon dont j'ai vécu le sexe avec un trans. Déjà nous avons avancés progressivement ensemble pour que ce sujet ne soit plus tabou. Pour moi, il était primordiale que le sexe ne soit pas qu'un acte qu'il faut faire parce que c'est comme ça. Pour faire plus simple, je voulais que mon conjoint ressente enfin du plaisir. Les hormones engendrent une croissance du sexe qui aide bien, chaque personne réagit différemment, et si pour certains la pousse est très limité, pour d'autres elle est plus conséquente. Le gland se développe et les érections naturelles sont de plus en plus palpable :p ;) A partir de là, nous avons pu trouver un compromis en profitant de tous les plaisirs que pouvait nous donner l'utilisation de ce dicklit. Avec de nombreuses discutions, nous avons pu progressivement découvrir cette partie de son corps, par des caresses de toutes sortes  . S'il n'est pas évident pour un FTM d'utiliser enfin son sexe, ce n'est pas non plus forcément facile pour les conjoints. Ce sexe ambiguë peut rendre mal à l'aise au début, mais il n'y a pas une façon de vivre sa sexualité, que l'on soit bio, hétéro, homo ou transsexuel. Chacun trouve son propre compromis avec son corps et ses envie. Le sexe ne fait pas l'homme, et je préfère de loin vivre une sexualité un peu atypique mais épanouissante, plutôt que de vouloir rester dans la caricature de l'hétérosexualité en dépit de son propre bien-être. Personnellement, donner du plaisir à mon partenaire m'a fait en prendre moi même. Il respecte mes envies et je respecte les siennes.
Le dernier point que je voudrais aborder est le torse. L'interdiction de toucher le torse nu de son conjoint n'est pas évidant, et parfois les opérations tardent. Mais à moins que les deux soient prêt à passer outre, il faut s'armer de patience. Dans ce cas, les t-shirts compressifs permettent tout de même des caresses à travers les vêtements pour les plus réfractaires.
Quoi qu'il en soit, coucher avec une personne masculine mais physiquement féminine ne m'a pas fais remettre en cause ma sexualité. A l'inverse, ses parties intimes les plus féminines ne m'intéressaient pas au point que ça à renforcé mon hétérosexualité, mais quel que soit le passé ou la taille du sexe de la personne qui m'attire.
4. Gérer l'ambivalence au quotidien.
Il y a une chose encore qui est assez difficile à gérer, c'est l'ambiguïté de son compagnon face au monde extérieur. Si pour moi il était bel et bien un homme, je me suis rendu compte qu'il était loin d'en être autant avec la plupart des personnes qu'on peut croiser dans une journée. J'étais dans une histoire fusionnelle, et lorsque monsieur tout le monde parlait à mon petit ami au féminin ça me faisait mal et me mettait en colère. Au début je n'osais rien dire, mais très vite j'ai finit par moi-même reprendre les gens ou par lui passer devant comme si le mademoiselle m'avait été adressé. Malgré tout, à force d'être pris trop souvent pour un couple hors-normes que l'on dévisage ou sur qui on se permet de lancer des réflexions sympathiques, sortir devenait plus pesant. Heureusement pour nous, les hormones sont vite arrivées et on agit suffisamment vite sur son physique pour que le doute sur son identité ne persiste pas. Ces situations, qu'on ne peut pas toujours éviter, étaient irritantes au quotidien, mais je ne me suis jamais sentie honteuse d'être avec lui, et la pression extérieure ne m'a jamais fait douter de qui il était vraiment, malgré les apparences.
Souvent, après ce genre de confrontations, mon conjoint perdait complètement ses moyens. Il se renfermait, se mettait en colère ou pleurait. Les compagnes/compagnons étant les seules personnes là, c'est souvent nous qui prenons de plein fouet sa mauvaise humeur. Je pense que s'il faut savoir être là et réconforter dans les moments difficiles, mais trop plaindre et tout encaisser sans rien dire n'est pas non plus une bonne chose. Il faut qu'il soit conscient qu'il n'est pas le seul à souffrir dans de tel cas, être en couple ne signifie pas forcément tout laisser passer. Je crois, qu'au contraire, il vaut mieux dédramatiser, après tout, le futur ne pourra être que meilleur. Et puis, non, c'est pas parce que la caissière de Auchan lui a dit mademoiselle, qu'il s'est décrédibilisé à nos yeux. C'est certainement un mauvais moment à passer, mais ce n'est pas pour autant la fin du monde.
Pendant longtemps, la boite à lettre à été un objet mystique. N'ayant pas connu son prénom de naissance dès le départ, et mon conjoint étant parano, je n'avais pas le droit de regarder le nom sur le courrier, car la majorité était reçu sous son identité féminine. De même, quand un FTM n'a pas encore assez d'assurance pour assumer, acheter quelque chose si il faut une pièce d'identité, visiter un appartement, faire des démarches administratives sont de vrais casse-tête. Beaucoup de gens l'ignore, mais il est tellement plus simple de dire qu'on est en attente d'un changement d'état civil ! La plupart des néophytes n'en n'ont strictement rien à faire du contenu de votre culotte.
5. L'entourage.
Une des grandes difficultés quand on accompagne quelqu'un durant sa transition, c'est aussi de gérer cette ambiguïté avec ses proches. Avec les amis, les chose ne sont peut être pas trop problématique. Pour les anciens, soit ils comprennent, soit ils passent leur chemin. Mais la plupart des gens, s'ils ne comprennent pas forcément, se montre au moins un minimum compréhensif. Bien sur il y aura toujours des personnes bien attentionnés pour rappeler le « f » de la carte d'identité ou faire des réflexions sur le physique de votre chéri. Tout le monde n'est pas capable de regarder autre chose que son nombril  . Pour la famille, c'est un peu différent. Ma propre famille n'a pas fait d'histoire, ils l'ont appris par hasard et n'ont pas souhaité en discuter. Je sais seulement que ça ne les dérange pas, et qu'à l'exception d'un membre de ma famille qui accepte sans comprendre, ça n'a rien changé à leur façon de percevoir notre couple. J'ai la chance aussi, d'être dans une famille ou le transsexualisme n'était pas complètement inconnu, et ou la tolérance a toujours été au centre de mon éducation.
Pour la famille de monsieur, ça a été un peu plus compliqué. Les contacts avec ses parents ont été purement et simplement coupés avant même mon arrivée dans sa vie. Ses frères et soeurs on eu des difficultés à accepter et à comprendre. Ce qui était difficile pour ma part, c'était de ne pas être considérée. Sans oublier le féminin pour parler de mon petit-ami, que je prennais comme une agression ou (souvent à juste titre) un besoin de le remettre sur les rails. C'était à chaque fois une épreuve, surtout que je n'avais pas encore le recul nécessaire. Cependant, avec le temps, les rapports avec certains membres de sa famille ont évolués. On a tendance à oublier que les proches aussi doivent accepter que la soeur ou la fille qu'ils ont toujours connu, est en réalité quelqu'un d'autre, mais que ça ne change rien sur le fond. Il y a aussi la peur de l'inconnu, l'inquiétude qu'on pouvait avoir pour lui, et les solutions de facilitées pour se protéger de tous ces chamboulements. Bref, tout peut toujours évoluer.
6. La peur du parcours et de la chirurgie.
Comme je l'ai déjà souligné dans le paragraphe précédant, l'inconnu fait peur, et c'est valable pour nous aussi. Le plus effrayant pour ma part, à été d'apprendre et d'accepter tout le côté médical. Une opération c'est effrayant, mais quand en plus on vous parle d'une intervention de plus d'une dizaine d'heures dont les résultats sont plus qu'incertains, ça à tout d'un véritable cauchemar. Je me souviens de mon anxiété lors de la première intervention, j'étais toute seule chez moi, car en plus il n'avait pas voulu que je l'accompagne, à attendre que le téléphone sonne, morte d'inquiétude, et à la fois en colère et désespérée. Il faut se rappeler que le jeu en vaut la chandelle, s'il en a besoin pour se sentir bien, sa vie n'en sera que meilleure. J'ai vu les changements radicaux qui se sont effectués les semaines qui ont suivis l'opération. Il était plus sur de lui, moins triste et avec pleins de nouvelles envies. Il s'est trouvé, tout simplement. Pour parler du reste, les hormones changent énormément de choses aussi. Plus son physique évolue vers le masculin, moins il y a de crises en rapport avec les réactions des autres. Il n'a plus à stresser à l'idée de sortir de chez lui ou de rencontrer de nouvelles personnes. Sans compter les petites victoires quotidiennes : 3 nouveaux poils sur le menton, ½ centimètre sur le kiki etc  De plus, la testostérone agit sur le morale de manière positive. Ce rapprochement entre son lui physique et psychologique n'a que du bon, et rend la vie plus agréable pour chacun d'entre nous. Ses traits se masculinise (et encore, chacun réagit différemment aux hormones selon son patrimoine génétique) mais il ne change pas du tout au tout. Le bonheur et le bien-être qu'il en ressent, de toute façon, efface toutes nos craintes. Il n'y a rien de meilleurs que de voir la personnes que l'on aime être enfin heureux. 7. Fonder une famille C'est LE problème quand on vit avec un transsexuel, avoir des enfants est problématique. Déjà, il faut accepter qu'en avoir naturellement ne sera jamais possible. C'est un mot qui revient souvent dans cet article, mais c'est un vrai deuil à faire. Accepter aussi que sans la rectification de son acte de naissance, aucune démarches ne nous est ouverte en France. Tant que ce problème administratif n'est pas réglé, la seule exception est d'avoir recours à un insémination artificielle (IAD) en Belgique, sachant qu'une fois de retour en France, il sera impossible pour votre conjoint de reconnaître l'enfant. Pour parler de mon cas, je n'avais jamais songé à avoir des enfants avant d'être confronté à cette situation. Il m'a fallu un certains nombres de semaines pour passer à autre chose et être capable d'apprécier les autres possibilités qui s'offriraient à nous, comme l'IAD ou l'adoption, malgré toutes les complications. En ce qui concerne le mariage, lui aussi est tout à fait possible et légale à condition que l'état-civil soit rectifié. Pour conclure, il faut s'armer de patience  Pour conclure Pour conclure, mon sentiment sur tout ça, avec le recul, est qu'un homme, qu'il soit ftm ou pas n'est pas le principal. J'aime une personne avant tout. Bien sur, ceci est mon témoignage et n'engage que moi. J'espère qu'il sera rejoint par d'autres très rapidement, je rappel que tous les points de vue sont interessant, tant qu'ils sont respectueux de chacun. * Ce témoignage est la propriété exclusive de son auteur. Toute reproduction, modification, publication même partielle est strictement interdite sans l’autorisation directe de son auteur. Tout contrevenant s’expose à des sanctions. |
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Dernière mise à jour : ( 16-01-2008 )
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Témoignage de Lunamiel |
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1. Quand la personne que l'on aime apparait comme transsexuel.
J’ai rencontré mon compagnon par le biais d’un site de rencontre sur internet. On a beaucoup discuté puis il est venu passer un week-end chez moi. On est séparé de quelques 600 kilomètres. On s’est plutôt bien entendu dès le début. Physiquement, il m’a plu tout de suite mais j’ignorais complètement sa transsexualité.
Les mois ont passé, je savais qu’il était différent mais je ne connaissais pas du tout ce qu’il vivait. Je me suis posé des tas de questions, je lui ai posé des tas de questions mais son histoire était rodé, tellement rodé que j’ai cru ses mensonges pendant plusieurs mois. Puis, les soupçons que j’avais se sont transformés en certitudes. Le net m’a bien aidé parce que lui ne voulait absolument pas me l’avouer. Je dois dire que sur le coup, j’ai été plutôt effrayé. L’inconnu fait peur, puis une fois que j’ai avalé la pilule, je me suis sentie sereine et totalement prête à l’épauler. Il est au début du parcours. Puis, il a enfin admis ce que j’ai longtemps essayé de lui faire dire. Il a mal vécu ce moment, la peur du regard, du jugement ou tout simplement la peur de me perdre.
2. Blesser sans le vouloir.
Après m’avoir raconté sans entrer dans le détail, je prenais des gants pour lui parler de sa transsexualité. Il bannissait tous les sujets qui s’en approchaient, puis petit à petit, j’ai réussi à plaisanter avec lui, à lui dire ce que je ressentais.
J’ai toujours essayé de ne pas le blesser mais il y a eu parfois des loupés.
Il ne voulait et ne veut toujours pas parler de celle qu’il était, comme si elle n’avait jamais existé. Et c’est là que j’ai parfois été blessante, dérangeante parce que moi je voulais tout savoir de lui et je dois avouer que j’en suis toujours là parce qu’il refuse son passé.
Et puis, il y a eu cette prise de tête un jour où je lui ai dit que je ne savais même plus si c’était un mec ou une nana !!!! Je m’en veux parce qu’il a tout d’un mec sauf « cette poitrine que je rêverais d’avoir !!!! » ( C’est une boutade entre lui et moi, bien sur). Maintenant, je me suis juré de ne plus faire ça, de tourner ma langue dans ma bouche et de ne plus lui reprocher ce qu’il est.
3. Se mettre à nu.
On a eu des rapports rapidement après s’être rencontrés. Il gardait son tee-shirt et son caleçon, qu’il a d’ailleurs gardé longtemps. Je me rends compte que je ne suis pas très futée parfois comme nana…. J’aurais du le savoir dès qu’il m’a touché en fait. Bref…
Le temps a passé et petit à petit, il a bien voulu que je lui touche la poitrine, le reste du corps mais pas que je le regarde (ce que je faisais quand même mais très discrètement). Son corps ne m’a jamais rebuté mais je dois dire aussi que je suis un peu bi sur les bords !!! Lui, il avait honte, il pensait qu’il me ferait fuir… Puis, il y a quelques semaines, il a enfin fait le pas de retirer son tee-shirt pour dormir et il a même maintenant une certaine facilité à prendre sa douche avec moi !!! un vrai plaisir !!
Je me sens tellement plus à l’aise en sachant qu’il n’a plus honte. C’est un tel plaisir de pouvoir être peau contre peau.
4. Gérer l'ambivalence au quotidien.
Pour le moment, je n’ai pas à gérer au quotidien réellement. Moi je le vis tellement naturellement, tellement bien. Je lui rappelle régulièrement que je l’aime tel qu’il est et que je serais là pour aller jusqu’au bout de son parcours.
On a prévu de vivre ensemble prochainement, c’est là sûrement que j’aurais à gérer cette ambivalence.
En effet, son état-civil étant inchangé, le reste du monde n’étant pas au courant, il faudra gérer le fait que je vis avec … un transsexuel qui n’a pas achevé son parcours et qui porte un prénom de fille !!!! Le plus difficile pour moi à ce niveau a été de me dire qu’"il" a eu un enfant, qu’ "il" a connu la grossesse, l’accouchement…
Je ne pense pas avoir de difficulté à gérer le moment venu et lui se sent tellement mec que je pense que ça passera bien.
5. L'entourage.
Je commence par le sien. En fait, c’est un des domaines dont nous ne parlons pas beaucoup, je ne sais donc pas vraiment. Il semble qu’à part une tante, sa famille ne soit pas au courant réellement. Sa mère l’appelle par son prénom de naissance et ne s’étonne plus qu’il sorte avec des filles. Comme il dit, elle le croit lesbienne !!!
Quant à sa fille, elle l’appelle bien papa !!!!
Mon entourage ne sait pas, personne ne se doute. Je me suis confiée à une amie ouverte d’esprit, à part elle, personne ne sait. C’est la volonté de mon compagnon.
6. La peur du parcours et de la chirurgie.
Malheureusement, je ne sais pas ce qu’il ressent par rapport aux opérations. Peut être de la colère due à la lenteur du protocole. On en parle peu. Ca me met d’ailleurs parfois mal à l’aise… j’aimerais tellement qu’il se confie totalement à moi…mais je persévère et un jour peut être….
7. Fonder une famille
Une envie, un projet puis une déception. Voilà ce que j’ai ressenti au fur et à mesure de notre relation. Il a vite lancé l’idée et j’ai pensé que peut être je voulais un enfant de lui. Je ne savais pas à l’époque.
On a fixé une date, puis il m’a avoué sa transsexualité et là tout s’est effondré ! Je ne pourrais jamais avoir un enfant de lui ! Il faudra qu’on fasse autrement si on en désire un. C’est un de ses souhaits les plus forts. Moi je suis dans le doute. Comment faire ? Comment le concevoir ? Faut-il trouver un homme qui ne posera pas de questions et qui se moquera de ce que devient l’enfant ? Aller à l’étranger ? Attendre encore et faire ça en toute « légalité » en France afin qu’il puisse le reconnaître en sachant que j’ai 35 ans et que le temps presse pour moi.
Bref, je ne sais pas encore… on ne sait pas. On a déjà une petite famille en quelque sorte, lui sa fille, moi la mienne.
On verra… On vit au jour le jour.
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Dernière mise à jour : ( 16-01-2008 )
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